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Hervé Lapalud - Facteur de chansons depuis 1993

REVUE DE PRESSE (scène)

Au Printival Boby Lapointe 2007
Très à son aise, Dick Annegarn, avec le laxisme que l'on pardonne aux grands pros, a séduit sans surprendre un public nombreux venu pour lui et qui a eu la chance de découvrir en première partie Hervé Lapalud. Celui-ci, dans une mise en scène audacieuse, a déclenché l'émotion et le rire avec son style de clown lunaire et ses chansons insolites. Un type capable de chanter opportunément Ta Katie t'a quitté sur l'air de Ne me quitte pas, et réciproquement est décidément un artiste accompli !
Michel Trihoreau, Chorus, été 2007

Au Festival Chansons de Parole 2006, Barjac
Il y a ceux qui, entre tous, étaient attendus et n'ont pas déçu (...)
Hervé Lapalud, unanimité pour un récital imaginatif, tendre et réjouissant.
Michel KEMPER, CHORUS « Les cahier de la chanson » automne 2006

Au Festival d'Avignon 2006
Tout de suite, pas déstabilisé pour un sou, il nous empaume le coeur par sa présence radieuse, ses paroles, sa musique et son énergie dopée au Prozac poétique. Comme, en plus, ses chansons ne nous prennent pas pour des cons, c'est gagné d'avance et haut la main !
D'ailleurs, un homme qui déclare à une femme : « Je t'ai tatoué dans mes yeux au milieu de ma pupille », qui harmonicise une ode aux Petites Gens, qui adresse un chant d'amour joyeux à un bébé de Trois kilos cent vingt grammes, qui nous fait rire avec une oeuvre cuisinée À la mode intermittente, qui roucoule Ta Katie t'a quitté (de Boby Lapointe) sur la musique de Ne me quitte pas (de Jacques Brel), qui exhorte les paresseux de tous les pays à se donner le poil qu'ils ont dans la main (Ne rien faire), le tout gorgé d'une générosité qui ne se prend pas au sérieux et d'une aisance sur scène comme une évidence, cet homme, donc, ne peut être qu'un artiste intéressant, voire indispensable. Par les temps qui courent, ça requinque sec, un mec de ce calibre.
Vincent Cambier, Les Trois Coups

Au Théâtre de l'Albatros à Reims (Association Reims Oreille)
Et puis, le clou de la soirée. Un zébulon à ressorts, sorti tout droit d'une bande dessinée, la guitare complice en bandoulière et la mèche à la tintin, c'est Hervé Lapalud ! De la tendresse et de l'humour, des tranches de vie avec des vrais morceaux de joie à l'intérieur. Du blues qui pleure et qui rit ! Une présence sur scène, une écoute d'un public à l'écoute, un homme de dialogue comme on en voit peu. Une personne de grand talent, qui nous a réjouis, a dit l'une des sirènes en passant sur son cachalot.
Zic Boom, Février 2006

A l'Hôtel des Guînes d'Arras (Association Di Dou Da)
Hervé Lapalud est un type « fin », un chanteur fin qui sait jouer de sa voix comme d'un instrument, un musicien fin qui sait jouer de sa guitare comme si elle était sa partenaire. Un vrai souffleur de vers ! Ses textes sont « finement » écrits, pas de bruyants appels à la révolte, pas de bras vengeur, pas de misérabilisme larmoyant, non juste de l'humain et de l'espoir. ... C'est un spectacle débordant de vie, de cette vie que « sacré bonsoir, il aime ! » C'est un spectacle qui met les gens en éveil, qui donne envie de bouger, d'aller découvrir ce qui passe trop rarement sous nos fenêtres ! Hervé Lapalud en fait partie... Il fait partie de ceux qui font de la chanson, de la chanson du monde, et il se trouve que, chez Hervé Lapalud, la langue est française, mais c'est un hasard, tant sa musique est de partout.
Christian LASSALLE, A Fleur de Mots, mai/juin 2005

Au Festival Musiques d'Hiver dans la Drôme 2004
Auteur compositeur et interprète, Hervé Lapalud, est un personnage attachant et bourré de talent. Son grand sourire contagieux, ses yeux pétillants et ses faux airs de Tintin le rendent irrésistible. Lorsqu'il use de ses talents d'humoriste et de comédien pour séduire le public ou le prendre à partie avec sa verve et ses mimiques, on est un peu plus sous le charme. Et quand il se met à chanter avec cette voix à la fois forte et fragile, on est carrément conquis. Hervé Lapalud, c'est le remède idéal à la morosité, un véritable hymne à la vie. On ressort de son spectacle le sourire aux lèvres et le coeur plus léger.
Hélène BOYER, Le Dauphiné Libéré


HERVÉ LAPALUD - le 11 janvier 2008 au Only French Festival
INTERVIEW disponible sur www.les-enchanteurs.com


HERVÉ LAPALUD partage sa joie de vivre, d'écrire et de chanter, histoire de nous mettre l'eau à la bouche avant le 11 janvier 2008, date du prochain Only French Festival.

Les Enchanteurs : Facteur de chanson, ça veut dire quoi exactement ?

Hervé Lapalud, facteur de chansonsTu sais, un jour, tu te dis, c’est quoi mon métier, comment ça s’appelle ? Et là, tu trouves pas la case, ça n’existe pas. Le terme dans lequel je me reconnaissais, c’était celui de « songwriter », et je cherchais l’équivalent en français. Et puis, à force de fréquenter des copains luthiers, « Facteurs de Guitares » ou « Facteur de Koras », j’ai eu le déclic ! C’est ça que je veux écrire sur ma carte de visite, « Facteur de Chansons ». Et puis j’aime bien les harmoniques des mots, les sens qui se déplient. Alors, « Facteur » c’est celui qui fabrique les chansons, c’est aussi celui qui les livre, un clin d’œil à la vie nomade. Une petite fille m’a dit un jour, « Facteur de chansons » c’est celui qui met des chansons dans les boîtes aux lettres. Imparable, non ?

L-E : Faire rire, c'est naturel ou c'est un dur labeur ?

Je crois que c’est d’abord une histoire de tempérament, de regard sur l’existence. On peut être accablé par le monde dans lequel on vit, ou bien le regarder un peu de biais, par le filtre de l’humour. Je me suis toujours senti des affinités avec la veine des fantaisistes, les Vian, Trénet, Higelin, Lapointe, ce sont mes tontons dans le métier. Il y a beaucoup de lucidité, de cruauté parfois dans l’humour. Prends « La Complainte du Progrès » ou « La Java des Bombes Atomiques », ça n’a pas pris une ride, alors qu’un traitement plus frontal, plus critique du thème aurait peut-être du mal à résister à l’usure du temps. Après, pour faire rire ou pour faire pleurer, il existe des recettes, c’est efficace mais ce n’est pas très intéressant. Donc , j’essaye de creuser mon sillon, ma singularité, je crois que c’est le boulot de l’artiste, de s’aiguiser, qu’on ne puisse pas dire ça je l’ai entendu ailleurs. Je travaille avec Franck Vent de Val, mon « frère de scène ». On fait la chasse aux « fausses bonnes idées ». On en trouve plein.

On fait la chasse aux « fausses bonnes idées ».
On en trouve plein.

L-E : Que signifie ce petit oiseau qui t'accompagne ? ?

Hervé Lapalud et son oiseauJ’ai démarré en 2002 l’aventure en solo. Au départ, c’était un récital assez classique, guitare-voix, et puis, petit à petit sont remontées mes expériences antérieures en café-théâtre et théâtre de rue, et je me suis rapproché d’une forme plus « music-hall » où l’aspect visuel, la tchatche sont aussi importants que les chansons. J’ai bossé de nouveaux instruments. J’ai rencontré les personnes qui m’ont aidé à dessiner ma mini-planète, à la décliner. Violaine Tatéossioan, d’abord qui a fait mes affiches, puis le livret de l’album, puis Laurent Martinez qui a conçu le décor et les effets spéciaux (chut !!!). Et le petit oiseau, il fait le playback quand je suis enroué.

L-E : Tu vis à Lyon, est-ce que ça bouge ?

Je croise beaucoup d’artistes intéressants dans toute la région Rhône-Alpes, pas mal de copains que je vais pas citer pour ne pas me faire des ennemis. En ce qui concerne les lieux de diffusion, il n’y a pas beaucoup d’audace, entre les lieux estampillés «culturels » qui programment de l’artiste médiatisé pour remplir leur salle, et les lieux « musiques actuelles » qui ne s’intéressent pas beaucoup à la chanson. Donc il existe quelques beaux endroits où l’on aime bien retourner comme le Train-Théâtre à Valence ou la Presqu’île à Annonay, et sinon je joue beaucoup partout ailleurs !!

L-E : La musique sur internet, ça t'inspire quoi ?

C’est un média alternatif qui est intéressant, où l’on peut faire son trou, si l’on accepte d’y consacrer beaucoup de temps. J’ai fait de belles rencontres via des listes de discussion avec des passionnés, le noyau dur du public qui vient te voir et revient ensuite en amenant les copains. En même temps, il y a un côté très superficiel, on est dans une culture du zapping, alors que la musique, où toute forme de création je pense, implique de se poser, de s’enraciner, bref un autre rapport au temps que celui que nous propose internet.

L-E : Ton album s’appelle « Invendable », un titre prophétique ?

Tu rigoles, ça cartonne, il nous reste à peine quelques « invendus ».

L-E : Que dire à nos lecteurs pour les faire venir au festival Only French ?

Tant qu’il y aura des gens comme vous (pour se déplacer), il y aura des gens comme nous (itou).

ENTRETIEN HERVE LAPALUD / CHRISTIAN LASSALLE POUR LE FANZINE REIMS OREILLE

CL : Salut, Hervé. Je voudrais que tu me parles de celle qui est, sur scène, ta complice.
HL : Ma guitare, elle n'a pas de nom c'est ma guitare, mais quand je la prends dans mes bras, je me sens bien, je fais bloing et ça nous fait nous bien.

CL : Elle a quelque chose de spécial pour te faire des trucs pareils ?
HL : Je l'ai volée à un copain, qui s'amuse à faire des guitares. Il s'appelle Nicolas DAYET et il écrit « Facteur de guitare »sur sa carte visite, pour faire l'intéressant. La première, je lui avais achetée, et celle-là, je lui ai volée.

CL : Volée ?
HL : Il me l'a fait essayer un jour en partant en Espagne, et je lui ai dit « Toi, tu vas en Espagne, mais elle, elle reste ici » Faut dire, je l'avais connue « en bois ».

CL : En bois ?
HL : Oui, quand je lui ai commandé ma première guitare, il m'a fait visiter ses bois. Et il m'a dit « ça c'est du palissandre de Rio, ça va faire une guitare du tonnerre » Il a fait sonner le bois pour que j'écoute bien. Il a léché pour me montrer les fibres et là je lui ai dit : « quand tu l'auras finie j'aimerai bien l'entendre ». Deux ans après, il m'appelle : « j'ai finie la guitare, je pars en Espagne ». Je l'ai invité à prendre le café et il ne s'est pas méfié.

CL : Et cette guitare influence ta façon de composer, d'écrire ?
HL : C'est pour ça que je fais de la chanson à texte en palissandre de Rio.

CL : C'est ce qu'on appelle de la chanson à texte... de noeud ! Mais à part ta guitare en palissandre, ta musique, elle vient de là, elle vient du blues ?

HL : Mes influences musicales, c'est encore une histoire d'arbre. J'ai écouté les disques de mes parents, et certaines chansons me faisaient des trucs : Adamo et Brel surtout. J'étais peut-être sensible à certain exotisme déjà. J'ai réentendu plusieurs chansons d'Adamo l'autre jour et ça ma refait des trucs. « Vous permettez Monsieur que j'emprunte votre fille ». Et puis Brel, j'adorais... des choses que j'appellerai la tension et l'orchestration aujourd'hui. C'était des choses très simples, des mots simples qui laissent entrevoir les mystères de la vie « des grands », des adultes. « Nous étions deux amis et Fanette m'aimait » Brel, ça à été le premier chanteur rock que j'ai aimé.

CL : Oui, mais dans les chansons, il y a aussi un côté musique du monde. Non ?
HL : Après, j'ai pioché dans la discothèque de mes cousins et j'ai commencé à la cloner : Pink Floyd, Animals (Le premier disque que j'ai acheté), David Bowie. Et puis à peu près à la même période, j'ai commencé à écouter la radio, le hit-parade et à me faire mes propre choix (Police avec Message in a bottle, Blondie). Et puis de fil en aiguille, de rencontres en voyages, je suis remonté, du rock au blues, du blues au jazz, à la musique africaine, au reggae et même à la Chanson Française (avé les majuscules).

CL : Mais, entre Adamo et Bowie, y a tout un monde ! Et le rock français ?
HL :: Au milieu de tout ça, il y a une baffe : Jacques Higelin au Casino de paris en 84. Je connaissais « Higelin à Mogador » et je trouvais ça éclatant, ce chanteur qui parle au public e cette manière : « Qui c'est qui a foutu de la flotte sur mon piano ? ». Bon, je me retrouve à Paname avec mon pater, on sort ? On va voir Higelin. Le spectacle total. La musique avec 15 gugusses sur scène, la fête, la danse, l'émotion, le partage.

CL : Et ça t'a donné envie, tu t'es vu faire ton chaud dans le musical ?
HL : A cette époque, je gratouille deux accords et demi et je rêve d'être cinéaste ou dessinateur de BD, un truc qui raconte des histoires, quoi. Et le lendemain, je me réveille pas en me disant, c'est ce que je veux faire, mais ça doit commencer son chemin à l'intérieur...

CL : Bon ! Le rock avec la pop anglaise et Higelin. Mais y a autre chose ?
HL : Quelques années plus tard, après avoir découvert Lightnin'Hopkins et Wes Montgomery à New York, All Farka Touré, Salif Keita, et toutes les chanteuses maliennes Ouagadougou, je rentre au bercail et je cherche mes racines. Je découvre Trenet, Brassens, des gars que je peux chanter avec ma gratte, Boby Lapointe dans la foulée et beaucoup plus tard, à cause de mes mauvaises fréquentations, Roger Riffard.

CL : On est obligé d'aller à New York et à Ouagadougou pour chanter du Roger Riffard ?
HL : C'est quasiment indispensable.

CL : Et l'invendable, c'est qui, c'est quoi et pourquoi ?
HL : « Invendable », c'est mon nouvel album, au rayon frais. Ca fait un moment que j'ai ce titre en tête. D'abord, il y a cette chanson qui dit « on est six milliards d'invendables, petits bonshommes pas recyclables, denrée fragile et périssable, une affaire pas vraiment rentable ». Donc invendable au singulier, c'est ma petite aventure à moi, ma tentative pour être Singulier. Je crois que c'est ça le boulot de l'artiste, creuser son sillon, sa singularité, jusqu'à ce qu'elle fasse « un truc » à d'autres.

CL : Un truc « invendable »
HL : J'aime bien le double sens du mot. C'est invendable parce que c'est pas formaté. C'est un peu foutraque, un peu déglingue. Et puis, aussi, c'est « pas à vendre », c'est notre part d'humain qui résiste à l'envahisseur romain, notre potion magique. Je vends mon cédé, mais mes chansons je les offre ! ! !

CL : Tu sais qu'à Reims Oreille on t'a choisi comme parrain. Tu es conscient de ta mission ?
HL : C'est comme tu m'as expliqué : si l'assoc' est déficitaire, je fais des concerts de soutien, si elle fait du bénef', je pars aux Bahamas.

CL : T'as tout compris. T'as des choses à ajouter ?
HL : Putain c'est l'arnaque, ton truc ! Les réponses sont vachement plus longues que les questions, c'est moi qui fait tout l' boulot.


Hervé Lapalud - Facteur de chansons depuis 1993